En franchissant en solitaire la ligne d'arrivée à Valkenburg,
Philippe Gilbert est entré dans le cercle très fermé des champions du
Monde mais surtout de la légende du cyclisme.
Une saison décevante jusque la
Certains observateurs du cyclisme,
et moi y compris, se posaient une question sur le coureur belge :
Gilbert a t-il ciblé toute sa saison sur les Championnats du Monde aux
Pays-bas ?

Une
question peut être idiote mais qui mérite cependant d'être posé.
L'ancien n°1 Mondial à connu une saison blanche comparée à sa titanesque
année 2011. Lui-même le disait, il sera difficile de rééditer tels
exploits : Amstel - Flèche Wallonne - Liège-Bastogne-Liège , une étape
du Tour de France pour compter pas moins de 18 victoires au compteur fin
2011. Des affirmations qui se sont vite confirmées tant le coureur
wallon a connu une année sombre jusqu'au Tour d'Espagne et ces deux
victoires d'étapes. Soyons honnête, jamais Phil n'aurait laissé de côté
le triptyque ardennais pour se concentrer sur les championnats du Monde
,pour autant, les faits ne nous contredise pas.
La renaissance
Un début de saison tronqué par les chutes et la
méforme ( et par une nouvelle équipe peu adaptée ?), l'ancien de la FDJ à
parut renaitre sur les pentes du Cauberg, principal difficulté de ces
championnat du Monde pour écraser la concurrence pris à défaut de la
fulgurante accélération du belge à moins de 15km de l'arrivée.
"Ce qui a fait la différence, c'est qu'il y avait le Gilbert de 2011 qui a attaqué" Thomas Voeckler 7e des championnats du Monde dans L'Equipe.

Une
concurrence qui paraissait amoindri en témoigne la méforme de Joaquin
Rodriguez, pourtant grand favoris, ou d'un Peter Sagan invisible, lui
qui brillait sur ses types de parcours lors du dernier Tour de France.
On peut ajouter à cela une équipe italienne totalement hors du coup et
tout de suite la performance du jour en perd de sa superbe. Les
Boasson-Hagen, Valverde et Kolobnev n'ont fait qu'illusion dans un
parcours qui a eu pour seul mérite de fatiguer tous les organismes, à
défaut d'être sélectif. Loin de moi de vouloir enlever tout le mérite de
"Phil", mais la plupart des coureurs étaient au bord de la rupture
après une saison éprouvante. Seul le dernier vainqueur du Tour
d'Espagne, Alberto Contador a apporter une certaine fraîcheur en
attaquant plusieurs fois en vain mais qui a eu pour mérite de faire
bouger les choses. Quatrième sur la ligne en ayant gagné le sprint du
groupe des poursuivants, John Degenkolb a démontré sa bonne forme du
moment après ses 5 victoire d'étapes sur la Vuelta. Le sprinter allemand
a prouvé sa capacité à passer les bosses et sa faculté dans les courses
d'endurance type classique. Le coureur d'Argos-Shimano a le même profil
que son homologue slovaque, Peter Sagan mais il lui reste encore à
démontrer ce talent sur le prochain Tour de France afin d’étoffer encore
un peu le gratin du sprint mondial (Cavendish, Greipel, Sagan,
Kittel...). Le Tour d'Espagne reste néanmoins la meilleure préparation
pour les mondiaux avec 3 représentants dans les cinq premiers (Gilber
1er, Valverde 3e et donc Degenkolb 4e)
Des Français animateurs

Il
y avait du mieux cette année côté français. Thomas Voeckler (7e) et ses
équipiers ont longtemps animé la course. D'abord par l'intermédiaire de
Jérôme Coppel, présent dans l'échappée matinale. Ensuite avec Maxime
Bouet, auteur d'un très bon Tour d'Espagne, puis par le leader de Team
France lui-même. Présent tous les trois dans un groupe de 29 à l'avant à
moins de 70km de l'arrivée, la stratégie improvisée à failli créer la
surprise dans le possible "bon coup" d'où était présent notamment déjà
Contador ou encore le brillant Jonathan Tiernan-Locke. Le manque de
collaboration a annihiler l'échappée qui aurait pu être beaucoup plus
intéressante si les mœurs étaient un peu moins stéréotypés. Qu'a cela ne
tienne, notre Thomas national a tenu le coup pour suivre les meilleurs
et finir à une honorable septième place qui contente bien les ambitions
des français largement à sa place. Malheureusement, le manque de
coéquipiers à l'approche de la boucle finale à enterré les chances de
victoires de l'alsacien d'origine. La non-sélection de Julien Simon
aurait pu combler ce manque mais l'équipe créer de toute pièce par
Laurent Jalabert tenait la route.
Une victoire de
prestige pour le wallon sevré de victoire jusqu'à fin Août, qui efface
une saison décevante. Objectif atteint, le Belge pourra se re-concentrer
sur ses courses (triptyque ardennais) pour montrer à toute la
concurrence sa suprématie dans les classiques du printemps.
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